PRATIQUE PROMETTEUSE JUNE 2021

PRATIQUE PROMETTEUSE
 

Stratégie pour le secteur de l’établissement contre la violence fondée sur le sexe


FAITS EN BREF

AUDIENCE    les fournisseurs de services d’établissement et de services sociaux

POPULATION D’INTÉRÊT    Nouveaux-arrivants

OÙ   Canada

LE BESOIN   Une collaboration nationale visant à lutter contre la violence fondée sur le genre afin de mieux soutenir les nouveaux arrivants au Canada surtout maintenant que les taux de violence domestique ont augmenté à cause de la pandémie.

LA PRATIQUE PROMETTEUSE   Une stratégie nationale définissant les priorités et les activités pour répondre aux VBG pour les nouveaux arrivants et les réfugiés en renforçant les capacités des fournisseurs de services dans les secteurs de l'établissement et de la lutte contre la violence.

POINTS IMPORTANTS À RETENIR   

La stratégie vise à :

  • Accroître l'accès à des informations précises, claires et cohérentes et à des ressources pour les nouveaux arrivants, les immigrants et réfugiés sur la VBG
  • Remettre en question les attitudes et les croyances qui blâment la victime
  • Améliorer les services centrés sur le client qui reconnaissent les besoins et expériences intersectionnels des nouveaux arrivants peu importe leur statu
  • Établir une base commune de connaissances que les fournisseurs de services peuvent utiliser afin de développer leurs compétences, augment leurs capacités et se servir des meilleures pratiques pour répondre à la VBG
  • Impliquer les hommes et les garçons dans la sensibilisation envers la VBG

Le contexte

La violence basée sur le genre n'a pas de limites - elle a lieu dans chaque communauté, chaque culture et chaque secteur de la société - elle traverse tous les milieux socio-économiques, races, ethnies, cultures, capacités, orientations sexuelles, identités de genre et professions. La VBG affecte tout le monde. Les fournisseurs de services qui interagissent avec diverses communautés ou offrent un soutien à l'établissement aux nouveaux arrivants sont souvent le premier point de contact, il est donc essentiel d'avoir des connaissances et des compétences adaptées à la culture pour pouvoir soutenir efficacement les clients.

Le Projet

En avril 2019, avec le financement d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), quatre organisations des secteurs de la lutte contre la violence et de l'établissement se sont associées pour commencer un travail de collaboration sur l'élaboration d'une stratégie nationale de lutte contre la VBG pour les nouveaux arrivants et les réfugiés. Ces organisations sont; Alliance canadienne du secteur de l'établissement des immigrants (CISSA-ACSEI), Association pour mettre fin à la violence du Canada (EVA-CAN) et Conseil des agences de l'Ontario au service des immigrants (OCASI).

En s'appuyant sur l'expertise, les connaissances et les ressources actuelles dans les secteurs de la lutte contre la violence et de l'établissement, cet effort coordonné reconnaît la réalité que les nouveaux arrivants et les réfugiés continuent de rencontrer des obstacles structurels à l'accès au soutien.

Entre 2019-2022, avec la contribution des secteurs de l'établissement et de la lutte contre la violence, ce projet est en train de renforcer la capacité des secteurs de l'établissement et de la lutte contre la violence de développer conjointement une base commune de connaissances et de mieux soutenir les nouveaux arrivants et les réfugiés grâce à une approche coordonnée et globale. Travailler en collaboration à travers le Canada est un moyen stratégique de réaliser le changement.

Point saillants de l’analyse réalisée par la collaborative :

Recherche sur les besoins / obstacles liés à la violence basée sur le genre pour les nouvelles arrivantes et les femmes réfugiées: Il existe un corpus de recherche assez important et croissant sur les besoins / obstacles rencontrés par les nouvelles arrivantes et les femmes réfugiées. Quelques résultats clés de cette littérature:

  • La VBG n'est pas propre à une communauté ou à une culture.
  • Les expériences de GBV sont complexes et intersectionnelles. Pour les femmes nouvellement arrivées et réfugiées, il existe des formes croisées d'oppression qui façonnent les risques et les schémas de la VBG ainsi que les réponses à la VBG. Ceux-ci peuvent inclure, sans s'y limiter: l'identité de genre, la race, l'ethnicité, la classe, la sexualité, l'âge, les capacités, la religion et le statut d'immigrant, entre autres axes de différence. Par exemple, nous savons que les femmes handicapées sont deux fois plus susceptibles que les femmes non handicapées d'avoir été agressées sexuellement au cours de la dernière année (DAWN 2019). En plus de la violence domestique, du capacitisme et du manque d'accessibilité des services, les nouvelles arrivantes handicapées peuvent subir de la discrimination ou du profilage en fonction de leur race ou origine ethnique, religion / foi, langue, capacité, âge, identité de genre, orientation sexuelle et classe (OCASI 2019).
  • Les femmes nouvellement arrivées et réfugiées (en tant que groupe diversifié) peuvent être moins susceptibles de signaler des violences basées sur le genre ou de demander du soutien en raison d'obstacles systémiques à l'accès aux soutiens, par exemple la peur de l'expulsion, le racisme / la xénophobie, les services qui ne reconnaissent pas leurs besoins.
  • La recherche a également identifié les refuges pour victimes de violence conjugale comme un site clé où les nouveaux arrivants, les réfugiés et / ou les autres survivants immigrants peuvent rencontrer des obstacles systémiques pendant la crise, bien qu'une recherche plus approfondie soit nécessaire. Un certain nombre d'études à petite échelle, par exemple, documentent des formes de revictimisation que les femmes racialisées, musulmanes et / ou immigrantes ont connues lors de la recherche de soutiens dans des refuges pour violences domestiques, y compris un manque de soutiens culturellement sûrs et des cas de racisme, de xénophobie et l'islamophobie (Ahmadzai 2015; Korteweg et al 2013).

L’impact

La violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Elle ne connaît pas de frontières, qu’elles soient économiques, sociales ou géographiques. À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. Bien que la violence basée sur le genre mette en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes, elle reste entourée d’une culture du silence. Elle a parfois des conséquences graves sur la santé sexuelle et reproductive des victimes : grossesses forcées et non désirées, avortements dangereux, fistules traumatiques, infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, allant même jusqu’à leur décès. (UNFPA, 2021)

Comme la violence basée sur le genre a un impact direct sur la santé mentale de l’individu, que ce soit une personne immigrante, réfugiée ou née au Canada. Alors l’établissement d’une collective et un projet visant à renforcer la capacité du secteur de l’établissement à répondre efficacement aux besoins des survivant.e.s de la violence basée sur le genre est sans doute très important pour l’établissement des nouveaux arrivants.

Pour plus d’informations :

Consulter la page internet du projet : https://fr.ngbv.ca/

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